Réaction de Pierre Freyburger à la démolition en cours de la filature 1812 DMC

Destruction de la Filature 1812 DMC à Mulhouse

Destruction de la Filature 1812 DMC à Mulhouse

 

En apprenant par la presse la démolition en cours de la filature 1812, bâtiment historique de DMC, cadeau de Noël de l’équipe municipale, on ne peut que constater encore une fois l’absence de vision et de compréhension que Jean Rottner a de Mulhouse et de son patrimoine, après entre autres la démolition du bloc vapeur en 2011, ainsi que l’absence de prise en compte de l’avis des acteurs locaux du patrimoine, au premier rang desquels le conseil consultatif du patrimoine mulhousien.

Comment peut-on en effet avoir un projet pour les mulhousiens, tout en manquant de façon aussi flagrante de respect à tous ceux qui l’ont façonnée de leurs mains et par leur travail dans l’industrie textile, dont DMC est un joyau mondial, et ce bâtiment le berceau ?

Peut-on imaginer que cette filature, même très endommagée, n’eut pu faire l’objet d’une préemption par la Ville pour la préserver en tant que monument en sécurisant le site, comme cela se fait dans toutes les villes du monde lorsque l’on veut préserver une part fondamentale de l’Histoire ?

A titre comparatif, et en reprenant l’exemple de Pierre Flück qui comparait à juste titre le Parthénon d’Athènes et la filature 1812, qui pourrait même se poser la question de raser les ruines du Parthénon ?

Visiblement, seule des considérations à très court terme et vues sous un angle de pure rentabilité immédiate ont été prises en compte dans ce dossier. Cette politique a très courte vue, coutumière de l’équipe en place va à l’encontre de l’intérêt général des mulhousiens et se situe de plus en opposition totale avec son statut de ville d’Art et d’Histoire. Elle va aussi à l’encontre de la promesse faite par le maire dans ses déclarations du 20 avril 2011 de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour préserver ce patrimoine exceptionnel.

Il aurait été plus urgent, si démolitions il y doit y avoir, de s’occuper des logements insalubres, sans caractères patrimoniaux qui jalonnent notre cité. La démolition n’étant pas encore achevée, notre position est de demander qu’une portion du bâtiment soit préservée, à titre de témoin pour les générations futures, et que le rappel au sol du périmètre de la plus longue filature d’Europe soit inscrit comme élément indispensable dans tout projet qui verrait le jour sur ce site historique. Plus largement, malgré les études onéreuses faites par l’équipe sortante depuis plusieurs années dont les conclusions restent obscures, il paraît nécessaire et urgent de se pencher sur la préservation à titre conservatoire de l’ensemble du périmètre de DMC en y associant une vision patrimoniale et humaniste à la nécessaire question de la reconversion du site : respecter chacun, agir pour tous.

 

Pierre Freyburger